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Nos rêves d'enfant

Mis à jour : 31 janv. 2019



Commençons par le début.


Après avoir fait des études de communication visuelle et avoir touché au monde de la publicité, je me suis vite rendue compte que cette vie là n’allait pas être pour moi.

Pour commencer, je n’avais aucune envie de faire partie de ce système, vendre pour vendre, et surtout vendre des choses à des gens qui n’en ont pas besoin.

Créer le besoin. Donner envie. Formater le consommateur pour qu’il se persuade qu’il ne peut pas vivre sans, faire rivaliser les marques, et donner le pouvoir à des étiquettes plutôt qu’à des valeurs.



" Tout s'achète. L'amour, l'art, la planète Terre, vous, moi. Surtout moi. L'homme est un produit comme les autres, avec une date limite de vente. Je suis publicitaire, je suis de ceux qui vous font rêver les choses que vous n'aurez jamais. Ciel toujours bleu, nanas jamais moches, bonheur parfait et retouché sur Photoshop. Vous croyez que j'embellis le monde ? Perdu, je le bousille. Tout est provisoire. L'amour, l'art, la planète Terre, vous, moi. Surtout moi."

99francs Frédéric Beigbeder.



Ma prise de conscience que quelque chose ne tourne pas très rond dans notre société a commencé comme ceci, mais je n’avais pas encore identifié le fond du problème à l’époque.

Bien sûr, j’aurai pu travailler pour des organismes tels que Amnesty International, la WWF, ou autres associations engagées dont les campagnes provocatrices et à fort impact me faisaient rêver.

Malheureusement j’ai vite réalisé que ces campagnes étaient gérées par des agences de communication dont seules 313 semaines de stage non rémunéré me donneraient accès.

Étant déjà endettée par un crédit étudiant, la solution du stage en CDI n’était pas non plus à envisager.

Si j’avais pu me permettre de commencer à gagner ma vie à 30 ans, j’aurais choisi des études de véto, et j’aurais adoré.


Petite je me voyais vétérinaire de brousse ou reporter pour le National Geographic.

Amoureuse des documentaires animaliers, je pouvais passer mes dimanches après midi hypnotisée devant la télé, à retenir mon souffle pour savoir si oui ou non, l’antilope présentée allait se faire croquer par Dame la lionne, ou si la Maman guépard qui avait eu tant de mal à chasser sa proie, se verrait pour la énième fois voler son souper par la troupe de hyènes avoisinante.




Retour à la réalité.


Je ne suis ni responsable de communication pour une association de protection de l’environnement, ni vétérinaire, ni reporter de brousse.

Je suis là, assise dans un bureau éclairé par un néon, à coté d’une chambre froide, au milieu de bons de commandes et d’alertes qualités.

Je m’appelle Aurore, j’ai 30 ans, je suis responsable de boutique, je suis fatiguée, je n’ai plus de vie, je n’ai plus d’envies. Je ressens juste un immense besoin de revenir à mes valeurs.

Qu’est-ce que je fais ici ? Où sont passés mes rêves d’enfant ?


" Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie." Confucius.



Où sont passés mes rêves d’enfant ?

Cette question résonne dans ma tête alors que je rentre chez moi, ce 9 janvier 2017, sous la neige.

Sur le chemin j’aperçois sur les bords du Rhône un bassin complètement gelé. C’est l’occasion d’aller faire une photo.

Comme à mon habitude, je ne me soucie guère d’avoir des semelles plates en m’aventurant sur la plaque de glace.

Essayant de tenir debout tant bien que mal, je réalise mon cliché, sans me douter que celui-ci allait changer ma vie.



Contente de ma victoire (ne pas être tombée), je me redresse (un peu trop vite), et tombe en arrière (beaucoup trop violemment). Aïe !

Cette chute qui m’avait paru anodine, m’avait pourtant provoqué un lumbago carabiné, qui m’aura valu une semaine d’arrêt maladie, car le lendemain, impossible même de m’asseoir dans mon lit.



Début de vie.


Contrainte de me reposer, j'ai recommencé à disposer de mes journées que j’occupais à dessiner, à jouer de la musique, à faire tout ce que je ne prenais plus le temps de faire, le tout plantée devant la chaine de télévision National Geographic Wildlife, à regarder des documentaires sur la faune africaine.


"Je venais, sans le savoir, de faire mon premier pas vers La Griffe Noire Store."


Ils étaient là mes rêves d’enfants. Sur cet écran. La nature, les animaux, la photo, la liberté.

« Pourquoi en suis-je si loin ? Pourquoi ai-je arrêté de croire que cette vie là était possible ? Pourquoi ai-je donné tant de pouvoir à un travail, à un patron, plutôt qu’à ma propre vie et à mes passions ? »


C’était décidé, je passerai mes prochaines vacances à faire du bénévolat dans un centre de préservation !


Ce fut une semaine de recherches intensives, entrecoupées de coups d’œil anxieux à mon téléphone, posé à côté de moi en silencieux (chose que je ne m’étais pas autorisée à faire depuis 3 ans, m’étant obligée malgré moi à me rendre toujours disponible pour le travail).


À partir de mon 3ème jour d’arrêt maladie, celui-ci recommença à sonner, pour « prendre de mes nouvelles » et surtout pour savoir quand j’allais revenir.

À chaque appel, une nouvelle angoisse, et cette sensation de ne pas être aux commandes de ma propre vie, d’appartenir à quelqu’un, de ne pas avoir le droit de vivre pour moi, et la voix de ma meilleure amie qui résonne dans ma tête « mais c’est pas le job de ta vie, démissionne !!!! ».


Ma décision était prise. Il était effectivement temps de reprendre ma vie en main.

Je devais m’écouter, je devais me faire confiance, je devais prendre des risques.

Je devais démissionner.

Je devais partir en Namibie réaliser mon rêve d'enfant, et travailler pour des espèces menacées.


Je venais, sans le savoir, de faire mon premier pas vers La Griffe Noire Store.

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